La Colline a des Yeux

Publié le par .........Alienator........


Réalisateur: Alexandre Aja
Acteurs: Aaron Stanford, Ted Levine, Kathleen Quinlan
Date de sortie: Mercredi 21 Juin 2006

Bienvenue dans le cauchemar américain.!

Les lumières s’éteignent et le film de rentrer rapidement dans le vif du sujet: pré-générique de 5 minutes, 4 morts. Générique brassant allégrement musique délicieusement rétro, images d’explosions atomiques et photos de mutants (“trop fort les maquillages” lance le spectateur devant moi, sans savoir qu’il regarde le fruit photographique de la rencontre entre vietnamiens et l’Agent Orange copieusement bombardé par les américains durant la débâcle du Vietnam). Il n’y aura pas une heure de remplissage avant 20 minutes dignes d’intérêt (on est visiblement pas a l’«Hôtel », ici)

Présentation rapide de la cellule familiale de base qui,sur la route des vacances, décide de traverser une zone désertique sans se douter que celle-ci fut autrefois le théâtre d’expérimentations nucléaires. Elle traîne sa caravane, vote a 99% Républicain, porte haut le drapeau Américain (un sur la voiture, un sur le T.shirt maternel) et se révèle rapidement hautement dysfonctionnelle: la mère lance ses piques sur le père (riche idée de casting que d’avoir aussi confie a Ted "Silence des Agneaux" Levine le rôle), qui est cassant avec le gendre, qui se rince les yeux sur sa dénudée belle-soeur, qui chahute son frère a longueur de journée...

Que vous ayez vu l’original ou non, inutile d’être grand sorcier pour deviner ce qui va se passer ensuite: la station service délabrée et son employé pas vraiment modèle, le raccourci qui n’en est pas un, la voiture rendue H.S. et une poignée d’habitants du désert peut enfin se préparer a passer a table.

Les figures imposées rondement exécutées avec rythme soutenu et tension croissante, place au face a face, au « tuer ou être tué » et à la transformation du mari looser en super héros pur jus, capable de manier piolet et fusil avec la même aisance.

Evitant l’erreur de tourner le remake aseptisé d’un film qui fut tout de même classe X en son temps (ah, les années 70…) et celle de traverser l’Atlantique pour tourner un film pour ados (on est donc pas chez « Ghotika » non plus), le réalisateur ne retient aucun coup: une balle dans la tête et c’est un plan de crâne fracassé assuré, les pioches perforent les organes en plein champ et le sang coule littéralement a flot. Rejetée également l’option de facilitée du “tout nocturne”: 90% du film se déroule de jour, l’écran suant littéralement sous les couleurs grillées et saturées.

Pendant que la photographie nous place au milieu du désert, un somptueux travail sur la bande son encercle le spectateur avec bruits de chaînes et cris d’oiseaux, déflagrations et murmures.

Injecté a la basique formule du genre « survival » (la chasse commence : qui va tuer qui, quand et de quelle manière ?), de nombreux plans et répliques politise l’ensemble de façon plus ou moins sournoise :

C’est le père qui donne l’un des deux revolvers tirés de la boite à gants à son jeune fils plutôt qu’a son gendre (« il est Démocrate, il ne croit pas aux armes a feu »),
C’est la mère qui impose une prière de groupe avant que les hommes ne partent chercher de l’aide,
C’est la transformation des très symbolique batte de base-ball et porte-drapeau en armes redoutables,
C’est le héros, filmé en contre plonge le soleil dans le dos comme du temps des bons vieux westerns de John Wayne sur une musique limite Rambo 2, qui déclenchera à coup sûre émotions chez les nostalgiques de Chuck Norris et sourire entendu chez les autres,
Ce sont les mutants, eux aussi fiers patriotes, prompts a planter le drapeau dans tout ce qui se présente et a entonner l’hymne national avant de se préparer un lunch.
C’est aussi de voir un groupe d’Américains retranché dans une zone désertique ou ils regrettent d’avoir mis les pieds, face a un ennemi imprévisible (un peu le programme passant en boucle sur CNN depuis quelques années),
C’est la brillante idée de prendre le temps d’humaniser les deux familles, de laisser deviner leurs hiérarchies respectives (l’un des mutants remis à sa place par un autre, apparemment prioritaire pour le viol), et, de ne se détourner de la violence plus ou moins feutrée qui régie les échanges intrafamiliaux que pour filmer celle brutalement frontale entre les deux forces en presence…


Hautement politique donc et chaudement recommande, Haute tension, en effet !

Auteur: Christophe Declerieux
Remerciements a http://www.cinegenre.net/
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L
bon filmbien gore qd mm mais  c intelligenje conseille a tou les accros
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